Robert Merle (1908-2004)
Robert Merle, jeune professeur à Cleveland aux USA
Robert Merle écrivain

 

On peut voir au cimetière d'Aiguillon la tombe de Robert Merle. C'est là qu'en 2004 sont déposées ses cendres auprès de sa mère Eugénie Ollagnié (1883-1980), épouse de Félix Merle.

Robert Merle est né à Tébessa en Algérie (département de Constantine). Son père, Félix Merle, était officier-interprète de langue arabe. Envoyé sur le front Turc aux Dardanelles pendant la Première Guerre Mondiale, au milieu de l'année 1915, il contracte la typhoïde, est rapatrié en août et meurt début septembre 1915 à Marseille.

Sa mère s'installe en 1918 à Marseille, puis à Paris avec ses trois enfants (Roger, l'aîné, Christiane et Robert).

Robert fait ses études au Lycée Condorcet, Louis le Grand et Michelet à Paris. Il est licencié en philosophie et en anglais.

En 1931, il enseigne à Cleveland dans l'état de Ohio aux Etats Unis avanr de réussir brillamment l'agrégation d'anglais où il est reçu major en 1933.

Il est ensuite Docteur ès Lettres après une thèse sur Oscar Wilde, tout en enseignant aux Lycées de Bordeaux en 1934, Marseille en 1935 et Neuilly en 1936.

Mobilisé en 1939, il devient agent de liaison auprès de l'Armée britannique. En 1940, il est fait prisonnier lors de la retraite de Dunkerque, ce qui lui inspira plus tard Week-end à Zuydcoote (qui lui vaudra le prix Goncourt en 1949). Cette oeuvre est adaptée à l'écran par Henri Verneuil en 1964, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle principal. Interné au camp de Dortmund, puis en Prusse Orientale, il est rapatrié pour des raisons sanitaires en juin 1943. Après quelques mois passés à Paris où il est difficile de trouver de la nourriture, il obtient un congé d'un an pour raisons de santé avec demi-solde. C'est alors qu'il rejoint sa mère, réfugiée à Aiguillon, au lieu-dit Maragnes près du Château de Ranse, chez des amis, la famille Barichello, et c'est là, puis dans une maison située sur le coteau faisant face au Château des Palais, qu'il commence à rédiger Week-end à Zuydcoote. C'est aussi à Aiguillon où la nourriture était beaucoup plus abondante que dans la capitale qu'il a guéri des problèmes de santé contractés en captivité.

Après la guerre, Eugénie Merle se fixe à Aiguillon où elle achète une maison au centre ville. Elle y a de nombreux amis qui évoquent encore son souvenir avec émotion en 2006. Elle demeurera à Aiguillon jusqu'à sa mort.

Une photographie des années 60 témoigne que Robert Merle, à l'occasion d'une visite à sa mère, honora de sa présence la Distribution des Prix de fin d'année au Collège de la ville.

En 1944 il devient maître de conférences puis professeur (1948) à l'Université de Rennes, puis celles de Toulouse (1957), Caen (1960), Alger (1963), Caen (1964) et en 1965 de Paris-Nanterre où il se trouve lors des événements de 1968. C'est à Rennes qu'il a enseigné le plus longtemps et que sont nés quatre de ses enfants.

Dans La mort est mon métier (1953), il dénonce les camps de concentration. Ce roman est adapté à l'écran par un cinéaste Ouest-Allemand Theodor Kotulla.

En 1961, Robert Merle achète un manoir à Marquay près de Sarlat en Dordogne.

En 1962, il se lance dans le roman d'aventure et obtient le Prix de la Fraternité avec L'Île, qui, sous le sortilège du roman exotique est une dénonciation du colonialisme.

Ecrivain sensible et généreux, homme de gauche, très proche du Parti Communiste, il publie en 1965, Moncada, le premier combat de Fidel Castro. Ce n'est pas le froid récit d'un historien : il a recherché le contact humain et recueilli à Cuba une soixantaine de témoignages des survivants de cette bataille dont il fait revivre les heures exaltantes et tragiques. Il s'éloignera du Parti Communiste au moment de l'invasion de l'Afghanistan par l'Union Soviétique.

Intéressé par les problèmes du langage, il consacre deux romans de science fiction à la possibilité d'une communication entre l'homme et l'animal : Un animal doué de raison en 1967, où des dauphins apprennent à parler, et Le propre de l'homme en 1989 où ce sont des chimpanzés qui apprennent à parler.

Derrière la vitre en 1970, est le récit romancé de l'occupation de la salle des professeurs le 22 mars 1968 à l'Université de Nanterre.

Malevil en 1972, est un roman d'anticipation qui raconte la survie en Dordogne d'une communauté d'hommes après un grand cataclysme nucléaire. Il va adapter ce roman pour un film qui sort en 1981, sous la direction de Christian de Chalonge, avec Michel Serrault comme interprète principal.

En 1977, il commence une immense saga historique en 13 Tomes, Fortune de France qui connaît un très grand succès (un million d'exemplaires pour le premier tome) - travail colossal qui nécessita une énorme documentation. Le treizième volume, Le glaive et les amours est couronné par le Grand Prix Jean Giono en 2003. La même année, il acquiert "La Malmaison" à Grosrouvre près de Montfort-L'Amaury (Yvelines), où il mourut à 95 ans d'un arrêt cardiaque. Marié trois fois, Robert Merle est le père de six enfants.

Ecrivain aux talents multiples il a également publié des pièces de théâtre, des essais critiques et des traductions de classiques anglais.

Les documents utilisés ici ont été pour la plupart aimablement fournis par de grands amis de l'écrivain et de sa mère, Paul et Marguerite Pasquet, auxquels Robert Merle lui-même confia tout un fonds de photos, lettres et documents divers lorsqu'il vendit la maison d'Aiguillon après la mort de sa mère.

Les enfants de Robert Merle nous ont également aidés à rédiger cette page et nous les en remercions vivement.

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