L'énigme du lieu de naissance de Théophile de Viau (1590-1626)

Clairac-en-Agenais
Boussères
Viau
Œuvres de Théophile
Carte des environs d'Aiguillon
Les œuvres de Théophile de Viau connurent un si vif succès au XVIIème siècle qu’elles nécessitèrent 93 éditions successives pour satisfaire la demande des lecteurs. Bien plus que Malherbe, aujourd’hui plus connu.
Où est donc né Théophile de Viau, ce poète que ses contemporains appelaient Théophile et qu’ils considéraient comme
"le premier prince des poètes" ?
Tous les Clairacais vous le diront : "Il est né en 1590 chez nous, à Clairac-en-Agenais, comme l’affirment tous les livres. Théophile l’a dit lui-même dans un poème :
Clérac pour une fois que vous m’avez faict naistre Hélas ! Combien de fois me faites-vous mourir !
Sonnet
—Pas du tout, protestent les Portais ; c’est à Boussères qu’il est né, dans la commune de Port-Sainte-Marie. Son modeste manoir avec son pigeonnier carré se trouve toujours à quelques mètres de l’église aujourd’hui en ruines de Saint-Pierre-Saint-Marcellin. D’ailleurs les Archives du Lot-et-Garonne possèdent une copie d’une gravure représentant Théophile, avec l’inscription : Théophile de Viaud, poète français né à Boussères près d’Éguillon.
—Vous n’y êtes pas, disait le Général de Peyrelongue, féru d'histoire, même locale : Il est né dans une propriété située sur la gauche de la route d’Aiguillon à Saint-Léger, non loin du pont. Ce lieu porte encore le nom de Viau et on peut le repèrer sur les cartes. Voici d’ailleurs comment il présentait sa petite patrie à une dame de la Cour qu' il invitait chez lui :
  Là tu verras un fonds où le paysan moissonne
Mes petits revenus sur les bords de Garonne,
Le fleuve de Garonne où de petits ruisseaux
Au travers de mes prés vont apporter leurs eaux,
Où des saules épais leurs rameaux verts abaissent
Pleins d’ombres et de fraîcheur sur mes troupeaux qui paissent."
Elégie

Alors Clérac ? Boussères ? Terre de Viau près du Port-de Pascau ? La plupart des historiens locaux penchent pour Boussères, mais après tout, chacun peut rêver...

Sans doute a-t-il vécu aux trois endroits. Ce qui est sûr, c’est qu’il était attaché à cette région, puisqu’il a écrit dans une lettre à son frère:

  ...quelque cruel complot
Qui de la Garonne où du Lot
Veuille éloigner ma sépulture
Je ne dois point en autres lieux
Rendre mon corps à la Nature
Ni résigner mon âme à Dieu.
Poème

Cela ne se passa pas ainsi : peu après sa sortie de prison, il mourut et fut inhumé dans l'église Saint-Nicolas-des-Champs, 254 rue Saint-Martin à Paris et en 1804 ses ossements furent portés aux Catacombes...

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