Armand-Louis de Vignerod (1683-1750)
(D'après Jean-paul Grandjean de Fouchy dans Histoitre de l'Académie royale des sciences)
(Page mise à jour le 28/03/2023)

Né à Londres le 9 octobre 1683, de Louis-Armand, marquis de Richelieu et de Marie-Charlotte de Mazarin, elle-même fille d'Armand-Charles de la Meilleraye, premier duc de Mazarin et d'Hortense Mancini, nièce et héritière du cardinal Mazarin, si connue par sa beauté.
Le jeune comte d'Agenois fut élevé à Londres jusqu'à l'âge de cinq ans. Rentrés en France, ses parents lui firent enseigner le latin, l'anglais, l'allemand et l'italien pour le préparer à de futures hautes fonctions. Il montra une grande facilité dans ses études.
La guerre de succession d'Espagne éclatant en 1701, Armand-Louis entra dans la carrière des armes, d'abord chez les mousquetaires du Roi, puis en 1704 comme capitaine dans une compagnie de Cavalerie dans le régiment de Toulouse. Le 23 mai 1706 il fut blessé lors de la défaite de Ramillies en Belgique, où Marlborough battit les français et conquit les Pays-Bas espagnols. A la suite de cette bataille, on récompensa sa bravoure en le mettant à la tête de sa compagnie. Il participa à la suite des opérations jusqu'au traité de Rastatt en 1714, après quoi il quitta l'armée.
Il épousa en 1718 Anne-Charlotte de Crussol qui sera l'amie des gens de lettres et des philosophes, en particulier de Montesquieu. Ils eurent six enfants mais seul survécut, Emmanuel-Armand, futur duc d'Aiguillon et ministre de Louis XV.
Il hérita du duché d'Aiguillon à la mort de son père en 1730 mais n'obtint le titre de duc et pair qu'en 1731, grâce à l'intervention auprès de Louis XV de son amie d'enfance et arrière petite cousine, restée très proche, Louise-Élisabeth Charlotte de Bourbon, veuve du prince de Conti depuis 1727.
Arrivé à trente ans, il renonça à la vie de la cour pour habiter, tantôt dans l'hôtel d'Aiguillon à Paris, tantôt dans son château de Véretz en Touraine, hérité de sa mère.
Il s'employa à embellir ce château, remplissant les offices de peintre, de dessinateur, d'architecte, mettant à profit ses connaissances en mathématiques, géométrie, géologie, physique pour décorer l'édifice et construire un aqueduc destiné à amener l'eau nécessaire aux splendides jardins qu'il avait dessinés et organisés. Il réalisa toutes les transformations désirées par la Princesse de Conti : un belvédère, un ermitage, une glacière... Après son veuvage, la princesse ne quitta presque plus Véretz.
Comme son épouse, il aimait les Belles-Lettres. A Véretz, ils accueillaient tout ce que Paris compte de fins lettrés, l'abbé de Grécourt, le père Vinotet, l'évêque d'Agen Joseph-Gaspard de Gilbert de Chabannes qui avait été grand vicaire de l'archevêque de Tours, là où il connut les chatelains de Véretz.
Lors des séjours à Paris, il participait activement aux séances de l'Académie Royale des Sciences où il fut reçu le 16 mai 1744 comme membre honoraire.
Victime d'une attaque d'apoplexie en 1748, il mourut le 4 février 1750.

Louis-Gabriel Michaud lui attribue la publication d'oeuvres érotiques comme le Recueil de pièces choisies rassemblées par les soins du cosmopolite qu'il aurait écrit en compagnie de son épouse et de la Princesse de Conti ; seulement quelques exemplaires auraient étés imprimés au château de Véretz. On peut le consulter en ligne ICI.
Il lui attribue également la Suite de la nouvelle Cryopédie en ligne ICI

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